Le pronostic hippique sur l'hippodrome de Saint Cloud
Créé par le propriétaire-éleveur Edmond Blanc afin de permettre l'entrainement de ses chevaux, Saint Cloud est batti en 1898 sur gazon

En 1898, il achète le domaine de la Fouilleuse. Sur ce domaine est créé un champ de courses et sont installées des écuries d’entraînement autour d’une luxueuse
villa. Les travaux et l’ensemencement des pistes entrepris aussitôt permettent l’ouverture de l’hippodrome deux ans et demi plus tard.
Tout en se réservant l’usage des pistes pour l’entraînement de ses chevaux logés dans les écuries de la Fouilleuse, Edmond Blanc donne à bail l’hippodrome
(61 hectares) à la « Société d’Encouragement pour l’amélioration du cheval français de demi-sang ».
En effet la société-mère du trot, qui avait dû cesser de faire courir sur l’hippodrome de Neuilly-Levallois, est alors menacée de devoir abandonner le champ de
courses de Vincennes réclamé par l’armée.
Trotteurs et galopeurs vont se partager le gazon de l’hippodrome qui ouvre ses portes au public le vendredi 15 mars 1901 avec une réunion de plat. La première
épreuve, le Prix d’Ouverture, est gagnée par Vestris au comte Gérard de Ganay. Le 11 mai c’est au tour des trotteurs de fouler le gazon. Le 3 juin s’y dispute,
transféré de Vincennes, le Prix du Président de la République qui revient à Diomède.
Ainsi, trotteurs et galopeurs se partageront l’après-midi les pistes jusqu'en juillet 1914, sur lesquelles le matin s’entraînent les pur sang d’Edmond Blanc.
Après la Première Guerre mondiale (au cours de laquelle l’hippodrome sert de camp à l’armée canadienne), la Société du Demi-Sang, décidée à moderniser Vincennes,
cède le bail de Saint-Cloud et ses réunions de galop à la « Société Sportive d’Encouragement » qui exploite déjà les hippodromes de Maisons-Laffitte et d’Enghien.
C’est ainsi qu’est transféré à Saint-Cloud le Prix du Président de la République, celui que les galopeurs disputaient à Maisons-Laffitte depuis 1904.
L’hippodrome, fermé de juillet 1939 à 1945, devient en 1952 la propriété de Marcel Boussac. Après le renouvellement du bail, la Société Sportive décide de
« moderniser » l’hippodrome. Ainsi, de fin juillet 1954 à février 1955, tous les bâtiments sont rasés et remplacés par des tribunes et dépendances plus fonctionnelles.
Mais demeurent les écuries et les habitations de la Fouilleuse dont on peut encore apprécier l’élégance, car, depuis le début des années 80, elles servent
d’installations au « Paris Country Club ». L’ancien manège est aménagé pour abriter des ventes aux enchères de chevaux et, sur la pelouse, désormais fermée
au public, est tracé un parcours de golf ouvert depuis 1990.
Vendu en 1974 par Marcel Boussac à la Société Sportive d’Encouragement, l’hippodrome fait aujourd’hui partie du patrimoine de France Galop, apporté à celle-ci
lors de la fusion des Sociétés de courses parisiennes fin 1994.
Aujourd’hui soignées et appréciées lors de la trentaine de réunions qui s’y déroulent annuellement, qu’il vente, pleuve ou fasse soleil.